Or grandit dans une campagne silencieuse, au cœur de l’école humaniste rêvée par ses parents. Dans le joyeux chaos dansant des livres, des vinyles et des films de la maisonnée, Bosch, Dürer et Moebius s’accordent à Bach ; Desnos et Claude Ponti conversent avec les Pink Floyd ; les Shadoks prennent le thé chez Baudelaire ou Nietzsche. De ce compagnonnage hétéroclite elle peuple le théâtre imaginaire de son journal, écrit depuis ses six ans, échafaudant un monde de créatures étranges autour de la propriété isolée.
La découverte du cinéma d’auteur d’Europe de l’Est la conduit au cinéma d’animation, qu’elle étudie à l’École nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris, dont elle sort diplômée en 2012. Ses courts-métrages (Transfiguration, 2011 ; Éclipse, 2012) expérimentent une étroite imbrication du texte, de la musique, de la danse et du dessin. Ces recherches la mènent à la scène : elle est scénographe et metteur en scène aux côtés du collectif WARN!NG (Glossolalia, 2017) et du quatuor IMPACT (Les Automates de Descartes, 2018). En 2014, le conte musical Le Rêve d’Etna, écrit avec le compositeur Vincent Wavelet, reçoit le prix SACD Beaumarchais.
Son travail se resserre aujourd’hui sur le nœud qui lie l’écriture au dessin, sans rompre l’attache qui la retient à la scène : le dessin s’y fait tantôt décor pour la compagnie Hic Sunt Leones, tantôt présence vivante lorsque, croquant les concerts sur le vif, elle emporte les musiciens dans son univers avec la compagnie Le Festin Imaginaire.